Accueil   >   Enfants soldats, un fléau qui perdure

Enfants soldats - Un fléau qui perdure 

 

Selon la définition proposée par les Fonds des Nations unies pour l’enfance (United Nations International Children’s Emergency Fund – UNICEF), la notion d’enfant-soldat concerne : 

« Toute personne âgée de moins de 18 ans qui est, ou qui a été, enrôlée ou utilisée par une force armée ou un groupe armé à quelque titre que ce soit, y compris, mais non exclusivement, les enfants, garçons et filles, utilisés comme combattants, cuisiniers, porteurs, espions ou à des fins sexuelles. »

Quel que soit leur rôle, les enfants-soldats sont exposés à des risques élevés de violence, que ce soit en participant directement aux hostilités, en tant que victimes indirectes des conflits, ou comme témoins des exactions. En conséquence, beaucoup de mineurs meurent et bien d’autres sont blessés, mutilés et doivent parfois composer à un handicap ou des séquelles psychologiques à vie. À ce portrait s’ajoutent des difficultés de réinsertion dans la société.

Le dernier rapport du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés, couvrant la période de janvier à décembre 2018, révèle plus de 7 000 cas vérifiés de garçons et filles recrutés par les forces gouvernementales ou groupes armés dans 16 pays différents. ’après ce rapport, la situation reste particulièrement alarmante en Somalie (2 300 cas répertoriés), où le nombre de cas vérifiés d’enfants-soldats est le plus élevé qui ait été enregistré en 2018. Elle est aussi critique au Nigéria (1 947) et en Syrie (806). Cependant, il existe nombre d’autres cas qui ont été rapportés auprès de l’ONU, mais qui n’ont pas pu être vérifiés par l’organisation en raison de l’accès difficile à ces zones en conflit.

Les caractéristiques des acteurs (groupes extrémistes, groupes rebelles, milices, unités d’autoprotection…) et leurs modes opératoires (attentats terroristes, attaques contre des écoles et des hôpitaux, frappes aériennes contre des civils) indiquent qu’il n’existe plus de ligne de front clairement définie et que la distinction entre belligérants et population civile est brouillée. Les hostilités déstabilisent des États ou même des régions entières et s’étalent dans le temps, devenant ainsi des guerres d’usure ou de résilience. Dans ce contexte, le fait pour certains groupes de continuer à démontrer une capacité de nuire à ses ennemis est perçue comme une victoire en soi. Dans cette nouvelle dynamique des conflits, les enfants sont recrutés par des forces ou des groupes armés qui les transforment en auteurs de violences et d’horreurs alors qu’ils comptaient déjà parmi les principales victimes des conflits armés.

 

Au cours des dernières années, des dizaines de milliers d’enfants ont été libérés du contrôle des forces ou de groupes armés et ont reçu de l’aide à la réinsertion et du soutien social et psychologique. Il existe des cas où les auteurs de ces actes ont été tenus responsables de leurs crimes. Toutefois, malgré les progrès réalisés, des enfants continuent d’être forcés à prendre une part active aux hostilités.

Enfants spartiates - Et qu'elle ne se relève pas
Enfants soldats à Sparte?

Mythe ou Réalité?

Dès l’époque hellénistique, et plus encore aux temps de la domination romaine, l’éducation des jeunes Spartiates a été pensée comme un modèle à suivre par tout État soucieux de former de bons citoyens au service de la cité, capables de la gouverner et, plus encore, de la défendre. Longtemps l’historiographie a relayé cette vision, en s’appuyant sur les écrits de Plutarque. Or l’image des jeunes Spartiates qui émerge de ces textes fait penser à des enfants-soldats.

 

Aujourd’hui, les historiens ont largement remis en cause cette vision. Pour évaluer la contestation de ce rapport obsessionnel à la guerre dans les pratiques éducatives spartiates, il nous faut examiner le tableau qu’en ont dressé Plutarque et Xénophon avant lui, et déterminer s’il est ou non fondé sur des réalités ; nous verrons alors si ce qu’il en reste est en rapport avec la guerre, et quel genre de guerre.

Jeunesse Hitlérienne - Et qu'elle ne se relève pas
Jeunesse Hitlérienne

J'appartenais corps et âme à Hitler, et il m'a fallu des années pour m'éloigner de toute cette idéologie

 

En 1936, l’ensemble des organisations de jeunesse étaient bannies d’Allemagne, y compris les scouts, dont les nombreux membres étaient contraints de rejoindre les Jeunesses hitlériennes, qui étaient évidemment interdites aux enfants juifs. En bannissant le scoutisme de son territoire, l’Allemagne nazie envoyait un message clair à sa jeunesse : obéissez ou vous serez punis.

Mais cela avait également un but purement pratique : la seule façon pour les jeunes allemands d’acquérir le semblant d’expérience pratique que l’organisation dispensait jusqu’alors restait de rejoindre les Jeunesses hitlériennes. Alors que l’Allemagne se dirigeait lentement vers la guerre, les enfants qui refusaient de rejoindre les Jeunesses hitlériennes étaient internés dans des structures adaptées ou ils étaient sévèrement « redressés ». Ainsi, plus de 90 % des enfants allemands avaient rejoint le mouvement en 1939.

Enfants soldats Khmers rouges - Et qu'elle ne se relève pas
Khmers Rouges

Bourreaux ou victimes?

 

Beaucoup d’anciens khmers rouges se définissent aujourd'hui comme victimes. Refuser de rejoindre le mouvement Khmer Rouge signifiait de facto, la mort. Sa propre mort mais également celle de sa famille. La problématique est d’autant plus difficile dans le cas des « jeunes camarades », ces enfants soldats enrôlés et endoctrinés dès leur plus jeune âge. Des études montrent que les bourreaux souffrent souvent des mêmes symptômes que leurs victimes. 

 

Les enfants, par leur innocence, étaient plus réceptifs à l’idéologie Khmer Rouge. Forcés à joindre le mouvement, ils étaient éloignés de leurs parents dès l’âge de sept ans et endoctrinés. N’ayant pas encore développé de systèmes de valeurs bien ancrés, il était plus facile de leur inculquer les valeurs de l’Angkar et d’en faire les instruments de la révolution. 

enfants soldats de Daech - Et qu'elle ne se relève pas
Enfants soldats de Daesch

Les lionceaux du Califat

Dans l’Irak de l’Etat Islamique, l’utilisation des enfants comme boucliers humains et armes de guerre était systématique. “Enfants-soldats”, ou encore “lionceaux du Califat”, leur définition englobe les espions, les kamikazes, les passeurs, les gardes aux postes de contrôle. Malgré la chute de Daech, cette situation perdure parmi les groupes armés qui ont mainmise sur une partie des zones reprises dans la région de Mossoul.

Pour rappel, l’Irak compte l’une des populations les plus jeunes du monde; près de 60% des Irakiens ont moins de 24 ans, et les moins de 18 ans n’ont connu que la guerre. Depuis la libération de Mossoul, 17.000 enfants apatrides vivent dans la rue sans protection. Entre la présence combinée de cellules dormantes terroristes, les jihadistes exfiltrés de Syrie et les milices chiites, les enfants continuent d’être recrutés.  Ces enfants sont-ils vraiment des bombes à retardement?